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Arrêté ministériel portant exécution de l’arrêté du Gouvernement wallon du 10 novembre 2016 relatif à la lutte intégrée en culture de pommes de terre

Lutte intégrée en culture de pomme de terre

 

Principes de base

  • Observer les parcelles
  • Suivre les avertissements co-gérés par le Carah, CRA-W, la FIWAP et Pameseb.
  • Alternance des matières actives
  • Association de substances actives d’au moins deux modes d’action différents

 

  • Niveau d'obligation 1 : mesure à appliquer obligatoirement pour les cultures concernées
  • Niveau d'obligation 2 : 70 % des mesures notées "2" doivent être appliquées au niveau de l'exploitation
  • Niveau d'obligation 3 : action conseillée
    • Les chiffres entre parenthèses correspondent au niveau d’obligation correspondant à la méthode à mettre en place, mais toutes ne doivent pas être appliquées.

 

Principe I – Bonnes pratiques agricoles

La rotation des cultures

 

Niveau d’obligation
  • Pomme de terre plant : rotation d'au moins 1 an sur 4

1

  • Pomme de terre de consommation : une année sur 3 (les pommes de terre primeurs récoltées avant le 20 juin ne sont pas concernées)

1

  • Pomme de terre de consommation : rotation d'au moins 1 an sur 4

2

 

Utilisation de techniques de culture appropriées

 

Niveau d’obligation
  • Afin d’éviter la propagation des maladies et nuisibles, prendre les mesures adaptées pour lutter contre les repousses sur les tas d’écart de triage (p. ex. couvrir les tas).

2

  • En cas de contamination supposée ou avérée par le souchet comestible prendre les mesures suivantes dans les parcelles concernées:
    • Traiter les parcelles concernées en dernier
    • Nettoyer les machines lorsqu’'on quitte la parcelle
    • Ne pas transporter de la terre
    • Ne pas cultiver des racines, tubercules et bulbes sur les parcelles contaminées
    • Semer du maïs ou une culture fortement couvrante (par exemple des céréales d'hiver)
    • Appliquer un moyen de lutte mécanique ou, de préférence, chimique efficace contre le souchet

3

 

Mettre en œuvre des pratiques culturales qui contribuent à une utilisation responsable et limitée des pesticides. Appliquer au moins une des mesures présentées :

 

Niveau d’obligation
  • Effectuer un faux-semis

(2)

  • Pratiquer le traitement localisé

(2)

  • Pratiquer le traitement dans la ligne.

(2)

  • Pratiquer l'agriculture de précision.

(2)

  • Utiliser des plants traités.

(2)

  • Semis d’engrais vert contre les maladies et nématodes.

(2)

  • Effectuer un drainage efficace pour éviter les maladies racinaires.
    • NB en cas de drainage respecter la législation actuelle concernant le drainage (zones natura 2000, etc.).

(2)

  • Gérer les repousses de colza dans la culture de pommes de terre

(2)

  • Au sein de l’exploitation, gérer les terres de déterrage revenant de « l’usine ».

(2)

 

Utilisation de cultivars résistants/tolérants aux maladies

 

Utilisation de plants normalisés/certifiés

 

Niveau d’obligation
  • Utiliser des plants sains conforme à la législation régissant la production et la commercialisation des semences et plants pour les espèces concernées.

1

  • Contrôler que tous les plants livrés sont visuellement exempts de maladies.

2

 

Utilisation équilibrée de pratiques de fertilisation, de chaulage

 

Niveau d’obligation
  • Gérer la fertilisation à la parcelle de façon cohérente pour toutes les cultures de la rotation.

3

  • La pomme de terre étant une culture sur buttes, mettre en œuvre les techniques de lutte contre l’érosion, la mauvaise répartition de l’eau dans les parcelles en pentes et la perte/mauvaise répartition des produits phytos et engrais (cloisonnement des inter-buttes, bandes enherbées, etc.).

3

  • La fertilisation est fondée sur une analyse du sol, de l’eau ou du végétal; ou bien, une analyse standard de la couche arable est effectuée au moins tous les 5 ans.

2

 

Utilisation équilibrée de pratiques d’irrigation

 

Niveau d’obligation
  • L’irrigation évite l’utilisation excessive d’eau afin de limiter la disparition des nutriments et des pesticides par lessivage ou de ne pas favoriser des maladies liées à l’excès d’eau. Elle est adaptée aux besoins de la plante.

2

  • Pour l’irrigation, utiliser de préférence l’eau de pluie. D’autres sources d’eau autorisées par la législation actuelle sont : l’eau de ruisseau l’eau d’un puits ouvert, l’eau de puits de forage, l’eau de distribution, l’eau obtenue par des procédés reconnus.

1

 

Prévention de la propagation des organismes nuisibles par des mesures d’hygiène

 

Niveau d’obligation
  • Les machines et outils sont nettoyés régulièrement afin d’éviter la propagation d’organismes nuisibles comme les nématodes, des maladies liées à la couche arable, les souchets comestibles. 

2

  • Nettoyer et désinfecter le matériel de récolte.
(2)

 

Protection et renforcement des organismes utiles importants

 

Appliquer au moins deux des mesures suivantes :

 

Niveau d’obligation
  • Favoriser les oiseaux en plaçant et en entretenant de façon adéquate des nichoirs et/ou des perchoirs (mésanges, rapaces, etc.).

(2)

  • Placer et entretenir de façon adéquate des abris et nichoirs pour les abeilles sauvages solitaires (Osmia, Andrena, etc.).

(2)

  • Placer et entretenir de façon adéquate des abris et nichoirs pour l’hibernation des insectes utiles (chrysopes, coccinelles, etc.).

(2)

  • Placer et entretenir des nichoirs et perchoirs naturels pour l’hibernation d’organismes utiles (haies, buissons, bosquets, arbres, roseaux, etc.) et des haies mixtes (pruneliers, sureaux, lierres, saules, bourdaines, etc.) comme refuge.

(2)

  • Entretenir une surface de compensation écologique qui couvre au moins 5% de la surface de l’exploitation. Sur cette surface ne peuvent être appliqués aucun pesticide ni engrais.

(2)

  • Désherber entièrement mécaniquement les bandes non cultivées et les zones tampons.

(2)

  • Semer ou planter des plantes de couverture ou d’engrais verts.

(2)

  • Gérer les oiseaux des prairies par la protection des nids et/ou l'aménagement de bandes de fuite.

(2)

  • Gérer les oiseaux des champs en aménageant des bandes enherbées, des bandes "faune sauvage", des placettes pour alouettes, des couloirs de protection pour la faune, des chaumes d'hiver, etc.

(2)

  • Mettre en place des zones tampons enherbées.

(2)

  • Placer et entretenir des haies mixtes (pruneliers, sureaux, lierres, saules, bourdaines, etc.) autour de la culture/de la parcelle comme refuge pour les insectes utiles.

(2)

  • Placer ou entretenir une bande de végétation fleurie ou sauvage d’une largeur minimale de 1 m.

(2)

 

 

Principe II : avertissements et principe III : seuils d'intervention

 

Niveau d’obligation
  • Prendre la décision d’intervenir après avoir évalué le risque réel de la présence d'organismes nuisibles.
    • Effectuer un monitoring intensif et systématique dans la culture
    • Prendre en considération les avertissements du CARAH et de la FIWAP.
    • Disposer d’un encadrement individuel et d’un suivi des parcelles par un service d’avertissement reconnu ou un conseiller reconnu (phytolicence « distribution/conseil ». Le suivi des parcelles et les avis reçus sont consignés.
    • Opérer une réflexion sur base des données climatologiques qui ont un impact sur la pression d’infection. Cette réflexion est consignée.
    • Déterminer ou analyser un échantillon atteint par une maladie. Le rapport d’analyse est conservé.
    • Opérer une réflexion sur base du cycle du nuisible dans des cas particuliers (par exemple lorsqu’une intervention est possible uniquement en préventif pour certaines maladies). Cette réflexion est consignée.

1

(2)

  • Disposer pour de l’information relative aux principales maladies, mauvaises herbes et /ou organismes nuisibles et utiles disponibles dans les fiches mises à votre disposition.

1

  • La fumigation n’est permise que si elle est déclarée nécessaire par une analyse du sol ou du végétal. Elle est exécutée de façon conforme à l’autorisation du pesticide. Dans la mesure du possible, opter pour une désinfection du sol non-chimique.

2

 

Principe IV : Méthodes de lutte alternatives

Les méthodes biologiques, physiques et autres méthodes non chimiques durables, sont préférées aux méthodes chimiques si et seulement si elles ont fait la preuve d’une efficacité, d’une faisabilité et d’une rentabilité économique suffisantes.

 

Niveau d’obligation
  • Utilisation de méthodes physiques contre les ravageurs de la pomme de terre (voir fiches correspondantes).

(3)

  • Lutte biologique par l’utilisation de moyens naturels.

(3)

  • Utilisation de préparations biologiques et naturelles reconnues contre les maladies.

(3)

  • Utilisation de méthodes physiques (p. ex. élimination au moyen de pièges et de rubans adhésifs (mass trapping, filtres à sable lent pour l’élimination des moisissures, traitement UV, vaporisation, etc.).

(3)

  • Utilisation de phéromones (méthode de confusion des mâles).

(3)

  • Lutte mécanique, thermique, arrachage, utilisation de méthodes limitant les adventices (tapis de sol, paillage organique, végétal de couverture, etc.).

(3)

  • Désinfection du sol par la solarisation.

(3)

  • Désinfection biologique du sol.

(3)

  • Désinfection physique du sol.

(3)

  • Défanage mécanique ou thermique en combinaison éventuelle avec l’utilisation de produit phytopharmaceutique.

(3)

 

Principe V : Choix des pesticides

 

Niveau d’obligation
  • L’agriculteur dispose ou a accès à l’information relative à la liste des pesticides autorisés en culture de pommes de terre.

Liste des produits phytosanitaires agréés disponible sur www.phytoweb.be

1

  • Choisir le produit selon son efficacité en fonction du stade de la culture, de la maladie, du nuisible ou de la mauvaise herbe et en fonction de la présence d’organismes utiles.

2

  • S’ils sont disponibles, choisir des produits sélectifs pour préserver les organismes utiles.

2

  • Choisir les pesticides en fonction de leur efficacité, de leur toxicité, du risque de développement de résistance et des risques pour l’environnement.

2

 

  • Prendre en considération les expérimentations publiées par le par la FIWAP, le Carah et le CRA-W pour l’application de produits phytosanitaires.
  • Alterner les matières actives.
  • Associer diverses substances actives d’au moins deux modes d’action différents.

 

Principe VI : Niveau d'utilisation (dose/fréquence)

 

Niveau d’obligation
  • Effectuer le traitement dans les conditions climatiques les plus favorables à une efficacité optimale du produit.

3

  • Calculer au plus juste la quantité de produit et de bouillie nécessaire afin d'éviter les mauvais dosages et les restes.

2

  • Utiliser des buses ou des moyens permettant de réduire la dérive des brumes de pulvérisation.

2

  • Appliquer les produits conformément à la technique reconnue pour le type de formulation et respecter les doses.

1

 

Principe VII : Utilisation des stratégies anti-résistance

 

Niveau d’obligation
  • Respecter les principes de base et/ou les conseils diffusés dans les avertissements concernant la gestion des risques de résistance.

Si un risque de résistance est connu pour un produit, les modalités d'application définies dans les actes d'autorisation le prennent en compte.

2

  • Parmi les pesticides autorisés et disponibles, utiliser en alternance et/ou en mélange ceux qui ont un mode d’action différent.

2

  • S'il y a un risque de résistance, appliquer des méthodes et produits non-chimiques.

3

 

  • Alterner les matières actives.
  • Associer diverses substances actives d’au moins deux modes d’action différents.

 

Principe VIII : Relevé de l'utilisation des pesticides et vérification du taux de réussite des mesures

 

Niveau d’obligation
  • Enregistrer toute utilisation de pesticide conformément aux exigences de l’AFSCA.

1

  • Enregistrer toute lutte non chimique effectuée, (mécanique, biologique, etc.).

3

  • Noter sur le formulaire d’enregistrement sur quelle base la lutte a été décidée (observations, référence de messages d'avertissement, analyse d'un échantillon, etc.).

3

  • Mentionner si le traitement a été efficace (oui-non-pas d'avis).

3