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La septoriose du froment

Zymoseptoria tritici

 

La maladie est induite par deux agents fongiques : Z. tritici et S. nodorum. Ce dernier étant plus rare en Belgique, on se concentre sur le premier.

 

Symptômes

Au niveau de la parcelle

Répartition homogène avec quelques foyers apparents.

Au niveau de la plante

Maladie foliaire sur les deux faces du limbe. Les symptômes sont soit sous la forme :

  • De taches brunes rougeâtres, de formes ovales ou rectangulaires et souvent bordées d’un halo jaune chlorotique. En se rejoignant, elles évoluent en des plages nécrotiques. On peut observer des pycnides, fructifications du champignon, en leur centre.
  • De taches blanches allongées (forme retrouvée pour certaines variétés de froments seulement).

 

Cycle de développement

  • Le champignon survit sous forme de mycélium dormant ou sous forme de pycnides sur les chaumes, les résidus de culture, les cultures à semis automnal ainsi que les repousses de céréales.
  • En l’absence de résidus de culture, les premières infections survenant en automne ou au printemps peuvent entraîner la libération d’ascospores aériennes sur de longues distances et ce à partir des pseudothèces.
  • A mesure que la température et le taux d’humidité augmentent, des pycnidiospores sont produites dans des pycnides et sont dispersées sous forme de cirrhes de feuille à feuille et de plante à plante par éclaboussures des zones infectées. La dispersion peut aussi intervenir par des gouttelettes de pluie chargées de cirrhes ou par contact entre feuilles adjacentes.
  • En conditions optimales belges, le cycle dure entre 17 et 21 jours.

Facteurs favorables

  • Température optimale de 20°C.
  • Humidité relative de 100 % (sporulation et germination).
  • Précipitations (propagation des spores par éclaboussures).
  • Augmentation du risque de propagation de feuille à feuille lors de la période de redressement (avril – juin)
  • Sensibilité variétale.
  • Semis précoces et fumure azotée élevée.

 

Dégâts

  • Cette maladie peut causer des pertes de 17q/ha en moyenne. Dans certains cas, sa nuisibilité peut s’élever à 50 q/ha.
  • La septoriose est la plus importante des maladies du blé tendre de par sa fréquence et l’importance des pertes qu’elle peut engendrer.

 

Confusion possible

  • Helminthosporiose : sur les taches, de nombreux points noirs (pycnides) pour la septoriose, un seul point noir plus gros pour l’helminthosporiose.
  • Taches physiologiques : les feuilles touchées sont les plus jeunes, les feuilles inférieures sont intactes. Pas d’évolution une fois les symptômes constatés.

 

Gestion intégrée de la septoriose en culture de froment

Limiter les risques de contamination

Le risque de contamination peut être réduit de plusieurs manières :

  • Choix variétal (cfr Livre Blanc Céréales, édition septembre, Gembloux)
  • Large rotation de cultures, éviter les blés sur blé
  • Enfouissement profond des restes végétaux
  • Désherbage des repousses et des adventices
  • Fractionnement de la fumure azotée
  • Semis tardifs
  • Densité peu élevée (compromis avec les rendements)

Seuils d’intervention

  • Il existe des outils d’aide à la décision, tel que Proculture de l’asbl Pameseb, qui permettent de piloter les traitements. Le système Proculture est utilisé dans le cas des avis du CADCO, émis chaque semaine, rendant compte de l’état sanitaire des parcelles de référence et conseillant l’agriculteur dans ses choix d’itinéraires phytotechniques.
  • De manière générale, on va protéger les dernières feuilles le plus longtemps possible. Un traitement au stade 32 est rarement utile mais permet parfois de limiter l’infection des feuilles supérieures lorsque les conditions sont favorables au développement du champignon et sur variétés sensibles à la septoriose (pendant la montaison). Autrement, on traite une fois que les feuilles sont formées, soit après le stade 39.

Contrôle

  • Via triazoles et SDHI (à utiliser préférentiellement lors du traitement de la dernière feuille) ;
  • L’association de matières actives différentes et à modes d’actions distincts est conseillée pour augmenter l’efficacité et limiter les risques de résistance.

Schéma de traitement

Comment choisir un schéma de traitement optimal ?

  • Connaitre le comportement de la variété choisie ;
  • Vérifier la pression effective des maladies dans chaque parcelle via des observations en champ ;
  • S’informer sur les expérimentations réalisées et les pratiques les plus efficaces pour la construction de son programme (cfr Livre Blanc Céréales, édition septembre, Gembloux) ;
  • Suivre la pression régionale de maladies via des avis et avertissements tels que ceux du CADCO.

 

Pour tout usage d’un pesticide, veillez à lire l’étiquette et à bien respecter les conditions et les conseils d’utilisation afin de garantir l’efficacité du traitement et la préservation de l’environnement !