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Pyrale du buis

Cydalima perspectalis

 

Ce texte est tiré de celui rédigé par la Cellule Comité régional PHYTO de l’asbl CORDER sous la coordination de Monsieur Philippe DELAUNOIS, Attaché qualifié à la Direction générale opérationnelle de l’Agriculture, des Ressources naturelles et de l’Environnement du SPW.

La pyrale du buis (Cydalima perspectalis syn. Glyphodes perspectalis) appartient à l’ordre des lépidoptères et à la famille des Crambidae.

Historique

Ce lépidoptère a été recensé pour la première fois en Belgique en 2010. 

Initialement limité aux provinces d’Anvers et de Flandre orientale, son territoire s’est étendu en 2016 à la région de Bruxelles et autour d’Andenne et d’Huy, pour en 2017, le rencontrer plus fréquemment au Sud de la capitale et à plusieurs endroits de la Wallonie. Il est désormais présent dans plusieurs régions du pays. 

Dernièrement, les observations de la pyrale ont débuté dès le début du mois de mars en Flandre. Les premières observations en Wallonie concernaient la région de la Louvière mi-mars et la région de Liège début avril.

Description et cycle de développement

  • Les œufs sont ronds et aplatis. Ils sont translucides, jaunâtres et un point noir apparaît par transparence un peu avant l’éclosion. La femelle peut pondre plus de 1.000 œufs à différents emplacements à l’intérieur du buisson de buis, sous le limbe des feuilles.

 

  • Les chenilles émergeantes vont se nourrir du limbe des feuilles et passer par 5 à 7 stades larvaires.
  • Celles du dernier stade peuvent mesurer jusqu’à 40 mm de long. Elles sont de couleur vert clair, sont striées longitudinalement de vert plus foncé, de jaune clair et de blanc. Les chenilles possèdent 16 pattes (6 thoraciques et 10 abdominales).

  • La métamorphose se produit ensuite et la chrysalide se forme. Les chrysalides atteignent 21 mm de long, sont de couleur vert et jaune clair au début pour passer au beige brunâtre ensuite, et présentent quatre lignes dorsales brunes. La cuticule et l’exuvie sont translucides.

  • Le papillon, essentiellement actif la nuit, a une durée de vie de 2 semaines environ. D’une envergure de 36 mm en moyenne, la pyrale du buis possède des ailes blanches et brunes avec des reflets dorés et violets. Les femelles et les mâles sont semblables mais ces derniers se distinguent par la coloration brune de leur abdomen qui est plus étendue que chez les femelles. Ils possèdent également des touffes d’écailles odoriférantes. Il est possible que la pyrale se présente sous une forme plus mélanisée. Le papillon apparait alors entièrement brun, hormis une tache blanche sur les ailes antérieures. 

  • Deux à trois cycles de développement peuvent se succéder pendant une année. Trois pics de dégâts sont donc potentiellement observables :
    • Au début du printemps : mars - avril
    • En été : mi-juin – juillet
    • En automne : septembre – début octobre
  • Les chenilles issues de la dernière génération vont tisser des logettes en soie (hibernarium) entre les feuilles avant d’arrêter leur développement afin de passer l’hiver. Leur activité reprendra au printemps suivant.

  • En Europe, jusqu’à présent, seul le buis (Buxus spp.) est infesté. Bien qu’il présente une importante capacité de régénération, l’arbuste peut rapidement dépérir quand les chenilles sont nombreuses et que les attaques se répètent d’année en année. Une surveillance attentive s’avère nécessaire pour détecter au plus vite la présence de la chenille.

Symptômes et dégâts

Pour rechercher la présence des chenilles, il faut écarter les rameaux des buis de manière à pouvoir les apercevoir à l’intérieur du plant. Des déjections vertes et sèches, retenues par les fils de soie sont souvent visibles. Les feuilles mangées par les chenilles sont brunes, sèches et tombent facilement. Elles peuvent être translucides ou il peut ne subsister que les bords des feuilles sur la tige.

D’importants dégâts peuvent être causés par les chenilles. C’est principalement l’aspect esthétique des buis infestés qui est en question. Ces arbustes font généralement preuve d’une bonne vitalité et peuvent se régénérer après une forte attaque. Cependant, si des défoliations importantes se répètent dans le temps, les arbustes peuvent finir par mourir suite à un affaiblissement répété. 
 

La gestion intégrée de la pyrale du buis

Mesures préventives

  • La taille : les buis denses, taillés et aux rameaux compacts sont les plus sévèrement touchés. Les plants dont la ramure est plus aérée sont d’avantage épargnés.
  • Privilégier l’achat de buis sains et exempt de tout parasite.
  • Eliminer les résidus de taille et autres bois morts pouvant héberger les œufs et les chenilles. 
  • Des voiles anti-insectes peuvent être placés sur les buis durant les périodes de vol afin d’éviter les pontes (mars à septembre).
  • Il est utile de suivre les avertissements dispensés par le Centre d’Essais Horticoles de Wallonie.
  • Lors de nouvelles plantations, il est préférable de s’orienter vers des alternatives au buis tel le houx crénelé (Ilex crenata), le chèvrefeuille arbustif (Lonicera nitida ‘Maigrün' ou ‘Elegant') ou le fusain du Japon (Euonymus japonicus ‘Microphyllus'). 

Favoriser la présence d’ennemis naturels connus

  • Moineau domestique : Passer domesticus
  • Mésanges : Parus sp.
  • Rouges queues : Phoenicurus sp.
  • Penser à l'achat de canards coureurs indiens qui vont manger les chenilles (et limaces au potager)

Il est donc conseiller d’installer des mangeoires et nichoirs à proximité des buis pour favoriser la présence des oiseaux insectivores. A noter qu’il est fortement déconseillé d’associer cette méthode à l’usage de produits phytopharmaceutiques, ceux-ci peuvent impacter tout de même d'autres insectes et leurs prédateurs naturels.

Détecter la présence de la pyrale

Pour rechercher la présence des chenilles, il faut écarter les rameaux des buis de manière à pouvoir les apercevoir à l’intérieur du plant. Des déjections vertes et sèches, retenues par les fils de soie sont souvent visibles.

A l’automne, au bout des rameaux peuvent se trouver les jeunes chenilles (5-8 mm), forme hivernante de la pyrale. Elles se réfugient dans des logettes en soie pour y passer l’hiver.

Des pièges à phéromones peuvent être utilisés pour la détection et la détermination des périodes de vol de l’insecte dès le mois de février. Ils permettent également de capturer un grand nombre de mâles, limitant ainsi la reproduction de la pyrale, mais cette méthode reste insuffisante pour éradiquer totalement le problème.

Lutte physique

Si les plants sont de petite taille, il est possible d’enlever les chenilles à la main pour autant qu’elles soient ensuite détruites. Malgré leur apparence, elles ne sont pas urticaires.

La pulvérisation d’eau à haute pression sur le feuillage permet de faire tomber les chenilles sur le sol. Il faut alors veiller à toutes les ramasser pour qu'aucune d'entre-elles ne reste et à répéter l'opération si besoin. L’utilisation de filets disposés par terre facilite la récolte de l’insecte. Il est conseillé de prévoir cette technique lors d'une semaine ensoleillée au matin car quoique la pyrale soit le plus gros "problème" rencontré sur les buis ces dernières années, d'autres champignons peuvent également faire des ravages et il est important que le feuillage puisse sécher rapidement pour ne pas favoriser ces derniers. 

La taille des branches infestées peut être effectuée, il est alors important de transporter ces branches taillées et autres déchets de la taille dans un sac fermé afin d’éviter la propagation des œufs et chenilles de la pyrale.

Moyens de lutte à l'aide de micro-organismes

Les micro-organismes, comme par exemple Bacillus thuringiensis, sont soumis à une autorisation préalable comme PPP. Ils doivent donc être repris sur le site internet phytoweb pour pouvoir être utilisés en Belgique.

Moyens de lutte à l'aide de PPP

Lorsque les autres moyens de lutte ne permettent pas d’endiguer sa propagation, le recours aux PPP est envisageable pour autant que la législation en vigueur soit respectée et que les mesures nécessaires soient prises afin de protéger la santé humaine et l’environnement.

Lors de l’utilisation de PPP à usage professionnel, le port de gants en nitrile est indispensable. Les moyens de protection individuelle tels que lunettes, combinaison, bottes, masque sont vivement conseillés et obligatoires lorsqu’ils sont mentionnés sur l’étiquette du produit. Pour protéger l’environnement, il importe de suivre scrupuleusement les mentions reprises sur l’étiquette et de ne pas traiter à moins de 6 mètres des eaux de surface.

En outre, l’utilisation de PPP à usage professionnel requiert la détention d’une phytolicence adéquate.

Des PPP utilisables en agriculture biologique, dérivés de matériaux naturels et à plus faible impact environnemental sont disponibles pour un usage professionnel. Il s’agit de produits à base de Bacillus thuringiensis, de pyréthrines ou encore de spinosad.

En dernier recours, d’autres PPP, non utilisables en agriculture biologique, sont autorisés pour un usage professionnel afin de lutter contre les chenilles en plantes ornementales.

Les PPP autorisés pour une utilisation sur le territoire belge peuvent être consultés sur le site phytoweb. Les produits autorisés dans les cultures de plantes ornementales, arbres et arbustes ornementaux, arbres et arbustes feuillus ornementaux et buis peuvent être appliqués sur la culture de buis. Dans le cas présent, le ravageur ciblé sera la chenille défoliatrice.

Pour tout usage d’un pesticide, veillez à lire l’étiquette et à bien respecter les conditions et les conseils d’utilisation afin de garantir l’efficacité du traitement et la préservation de l’environnement !

 

Plus d’informations sur la pyrale ici.