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BNYVV - Rhizomanie - Beet Necrotic Yellow Vein Virus

Beet Necrotic Yellow Vein Virus (BNYVV)

 

Généralités

Le Beet Necrotic Yellow Vein Virus nécessite un microorganisme comme vecteur, le protiste du sol Polymyxa betae, pour pouvoir se propager et infecter la plante. Pour provoquer une infection, ce vecteur doit contenir les particules virales en quantité suffisante. En effet, le protiste seul ne provoque aucun dégât observable.

En pratique, le virus est détecté par l’observation des symptômes typiques. La présence du virus peut être confirmée par un test sérologique (ELISA) ou par un biotest du sol (tous deux réalisables par l’IRBAB).

 

Symptômes

  • Dans les parcelles, les symptômes de rhizomanie sont souvent observables par foyers.
  • Le nom du virus rappelle le symptôme qui est parfois observable au niveau du feuillage et qui se manifeste par un jaunissement des nervures des feuilles, éventuellement suivi de décolorations et de nécroses. Les autres symptômes observables sur les feuilles sont la conséquence des dysfonctionnements racinaires:
    • Flétrissement des feuilles aux heures chaudes (dès juin)
    • Coloration jaunâtre ou vert clair (en fin d’été)
    • Forme allongée et longs pétioles des jeunes feuilles
    • Port dressé et étroit
  • Lorsque l’infection est précoce, le pivot reste petit et ne se développe plus à partir du moment de l’infection. Le virus provoque également la prolifération de nombreuses racines et radicelles latérales brunâtres ou blanchâtres. Ce symptôme est communément appelé « chevelu racinaire » ou « barbe ».
  • Si l’infection est plus tardive et le pivot plus développé, un rétrécissement de l’extrémité de la racine et un chevelu racinaire important sont observables.
  • D’autres symptômes sont visibles sur des coupes longitudinales du pivot. Des vaisseaux vasculaires peuvent se nécroser ou prendre une coloration jaune-brun à l’extrémité du pivot. Des tissus tumoraux sont observables aux endroits de prolifération des racines latérales.

 

Cycle de développement

L’infection par Polymyxa betae se produit lorsqu’un film d’eau est présent dans un sol infecté. Cela permet aux zoospores mobiles de se déplacer vers des sites de pénétration sur la racine. Ces sites peuvent être des cellules épidermiques, des radicelles ou des poils absorbants. Lorsque les zoospores se sont fixées, elles injectent leur contenu cellulaire dans les tissus de la plante. C’est de cette manière que le virus, s’il est présent, infecte l’hôte.

Il va ensuite se multiplier dans les racines et très rarement dans les parties aériennes. Le champignon, une fois à l’intérieur de la plante, produit un plasmode qui va lui-même produire un zoosporange qui libère à son tour des zoospores secondaires. Plusieurs générations de zoospores sont produites et éjectées de cette manière, ce qui permet au champignon d’infecter les racines des plantes adjacentes.

 

Une voie alternative à ce cycle est possible et permet la production des structures de survie du champignon. Au lieu de produire des zoospores, le plasmode peut produire des cystosores qui peuvent survivre dans le sol pendant 15 à 20 ans. Lorsqu’elles éclosent, les cystosores produisent des dizaines de zoospores qui pourront relancer un cycle de contamination.

 

Dégâts

Les pertes, tant en rendement racine qu’en teneur en sucre, peuvent être très importantes. Elles varient fortement en fonction du niveau d’infestation, du moment de l’infection et des conditions climatiques. Dans les cas graves, des pertes financières de 60% peuvent être observées. Le chevelu racinaire augmente aussi la tare terre.

 

Facteurs favorables

  • Présence d’eau nécessaire pour provoquer la maladie.
  • Température minimale pour la germination des spores comprise entre 10-15°C et température optimale de 25°C.
  • Certaines parcelles irriguées, situées le long d’un cours d’eau ou qui surplombent une nappe phréatique élevée ont plus de chances d’assurer de bonnes conditions d’humidité pour le champignon.
  • Température élevée (20°C) du sol dès le semis
  • Polymyxa betae se rencontre dans des sols à pH compris entre 6 et 8
  • Une forte teneur en ion calcium favorise la multiplication du champignon (moins de 200 mg de Ca/100g de sol ralenti la multiplication du champignon)

 

Autres hôtes

De nombreuses chénopodiacées dont l’épinard.

 

Confusion possible

  • Nématode à kyste de la betterave (Heterodera schachtii)
  • Sol présentant une mauvaise structure

 

 

Gestion intégrée de la rhizomanie en culture de la betterave

Rotation et choix du site

En Belgique, peu de sols ne contiennent pas de Polymixa betae. Néanmoins, il est important de maintenir un potentiel infectieux aussi faible que possible. Ce potentiel augmente avec l’implantation répétée de cultures sensibles (betteraves et épinards).

Il faut donc ne pas mettre ces deux cultures dans la même rotation et allonger celle-ci au maximum. Le potentiel infectieux d’un sol ne diminue presque pas, même après 15 ans sans culture sensible.

Dissémination

Il est très important de limiter la dissémination du champignon afin de limiter la dissémination du virus. Le champignon se propage principalement par les transferts de terre, qui sont donc à éviter en zone à risque. Il suffit d’introduire moins de 50 grammes de sol contaminé par are pour induire une infection qui entrainera des pertes importantes. Certaines mesures peuvent être prises pour limiter ce phénomène dans les zones à risques :

  • Ne pas introduire de terres étrangères à l’exploitation
  • Nettoyer correctement les outils de récoltes et de travail du sol
  • Ne pas épandre la terre du nettoyage des fossés et des canaux de drainage sur les parcelles
  • Ne pas transférer de résidus de plantes

Les écumes de sucrerie et la semence en tant que telle ne permettent pas de disséminer le protiste ou le virus.

Une autre voie possible de dissémination est l’irrigation avec de l’eau contaminée provenant des drains d’un champ infesté.

Variétés tolérantes

L’utilisation de variétés tolérantes ou semi-résistantes est la meilleure manière de lutter contre la rhizomanie. Cette pratique devrait être utilisée dans toutes les parcelles où la rhizomanie est présente, même s’il ne s’agit que de petits foyers.

Pratiques culturales

  • Privilégier un semis précoce
  • Assurer un sol drainé, structuré et à bon pH
  • Réaliser les travaux avec du matériel propre, sans terre
  • Raisonner l’irrigation pour diminuer le ruissellement
  • Assurer un contrôle rigoureux des adventices