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Alternariose | Pomme de terre

Alternaria solani et Alternaria alternata

Symptômes et dégâts  

Sur les parties aériennes

  • Taches foncées circulaires entourées d’un fin halo jaunâtre dans lesquelles des anneaux concentriques peuvent être observés.
  • Les vieilles feuilles sont d’abord touchées.
  • Des taches foncées sont visibles sur les pétioles et les tiges lors des stades avancés de la maladie.
  • Les symptômes provoquent, à terme, une sénescence des feuilles qui restent attachées à la plante.

Sur les tubercules

  • Taches brunâtres déprimées sur la peau.
  • Tissus noirâtres, pourritures sèches et liégeuses.

En cas d’attaque précoce, les pertes de rendement peuvent atteindre 20 %. L’infection des tubercules provoque des problèmes de conservation mais ceux-ci sont rarement atteints.

Biologie d’Alternaria solani et d’Alternaria alternata en pomme de terre

  • Plantes hôtes : Alternaria solani provoque l’alternariose sur les Solanacées. Il s’attaque notamment aux tomates, aux aubergines et aux poivrons. Alternaria alternata est souvent considéré comme un pathogène secondaire, qui arrive par la suite sur les tissus déjà sénescents. Il est tout de même considéré comme pathogène sur les pommes de terre.
  • Facteurs favorables au développement de l’alternariose : L’alternance de périodes humides et sèches favorise la maladie. Des nuits humides et des journées chaudes et ensoleillées permettent à la maladie de se développer. L’humidité permet la dissémination du pathogène. La croissance optimale se situe entre 20 et 30 °C. L’installation du pathogène est facilitée par les stress divers : la sécheresse, l’attaque d’autres ravageurs, un feuillage sénescent ou des carences nutritionnelles.
  • Cycle de vie : Les agents pathogènes A. solani et A. alternata hivernent dans les fanes et les tas de détritus contaminés. Le vent et la pluie assurent la dispersion des spores au sein de la parcelle.

biologie du pathogène

Gestion intégrée de l’alternariose en culture de pommes de terre

​ Les principes généraux en matière de lutte intégrée contre les ennemis des cultures ont été fixés par le Gouvernement wallon. La lutte intégrée est obligatoire et les mesures sont regroupées dans un cahier des charges. Integrated pest management (IPM).

IPM

A. Mesures agronomiques préalables à la culture

  • Rotation : Un délai d’au moins 4 ans est obligatoire entre deux cultures de pommes de terre. 
  • Choix des plants : L’utilisation de plants sains/certifiés permet de limiter les infections.
  • Choix variétal : La sensibilité variétale est très variable. La maladie progresse plus rapidement dans les variétés précoces. Ces informations peuvent être trouvées sur le site de la FIWAP.
  • Gestion des résidus de culture : Avant la plantation et pendant la saison culturale, éliminer les débris de culture permettra de limiter la conservation de l’inoculum d’Alternaria sp.

B. Pendant la saison culturale

  • Irrigation : Éviter les stress hydriques par une irrigation répondant aux besoins précis de la plante limitera aussi le développement de la maladie.
  • Une fertilisation suffisante et précise est primordiale pour limiter les pertes. Éviter les stress nutritionnels permet de ralentir la progression de l’alternariose.
  • En dernier recours, utiliser un fongicide autorisé (Voir “Traitements éventuels”).

C. Défanage

  • Un délai suffisant, de l’ordre de 3 semaines, entre le défanage et la récolte permet de limiter les blessures sur la peau des tubercules et de permettre la subérisation.

D. Récolte

  • Limiter les dommages aux tubercules permettra de diminuer les portes d’entrée pour le pathogène et évitera les contaminations lors du stockage.

E. Stockage

  • Si les tubercules sont blessés ou malades, on veillera à effectuer un séchage et une cicatrisation efficaces.
  • Assurer une bonne circulation de l’air et diminuer le taux d’humidité permettra un meilleur séchage.

F. Traitements éventuels

  • Les observations restent indispensables pour estimer la pression en maladies et l’utilité d’un éventuel traitement.
  • Les traitements utilisés pour lutter contre le mildiou suffisent généralement à contrôler efficacement l’alternariose. 

Traitements 

La législation et les produits autorisés étant en constante évolution, nous vous invitons à consulter régulièrement phytoweb.

Pour tout usage d’un pesticide, veillez à lire l’étiquette et à bien respecter les conditions et les conseils d’utilisation afin de garantir l’efficacité du traitement et la préservation de l’environnement !

Sources | Pour aller plus loin

Divers documents complémentaires relatifs à la gestion des plants (réception, conservation, traitements divers, plantation, etc.) peuvent être trouvées sur le site de la FIWAP (Filière Walonne de la Pomme de terre).

FIWAP

Légende: 

​: Gravité du symptôme (varie graduellement entre vert, orange et rouge)

​ : Fréquence du symptôme

​ : Integrated pest management (Lutte intégrée)