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Alternariose de la pomme de terre

Alternaria solani - Alternaria alternata

 

Symptômes

Sur les parties aériennes

  • Taches foncées circulaires entourées d’un fin halo jaunâtre dans lesquelles des anneaux concentriques peuvent être observés.
  • Les vieilles feuilles sont d’abord touchées.
  • Des taches foncées sont visibles sur les pétioles et les tiges lors des stades avancés de la maladie.
  • Les symptômes provoquent, à terme, une sénescence des feuilles qui restent attachées à la plante.

Sur les tubercules

  • Taches brunâtres déprimées sur la peau.
  • Tissus noirâtres, pourritures sèches et liégeuses.

 

Cycle de développement

  • Les agents pathogènes A. solani et A. alternata hivernent dans les fanes et les tas de détritus contaminés.
  • Une infection directe des plantes à partir des tubercules n’a cependant pas pu être établie. Ce sont le vent et la pluie qui assurent la dispersion des spores au sein de la culure.

 

Facteurs favorables

  • Conditions climatiques : L’alternance de périodes humides et sèches favorise la maladie. Par exemple, des nuits humides et des journées chaudes et ensoleillées permettent à la maladie de se développer. L’humidité permet la dissémination du pathogène. La croissance optimale se situe entre 20 et 30 °C.
  • Stress divers : La sécheresse, l’attaque de ravageurs, un feuillage en fin de cycle ou des carences favorisent aussi la maladie.

 

Dégâts

  • Quantitatifs : pertes de rendement de 5 à 20% en cas d’attaque précoce.
  • Qualitatifs : tubercules assez rarement atteints mais entrainant des problèmes de conservation.

 

 

Gestion intégrée de l’alternariose en culture de pommes de terre

La lutte intégrée contre l’alternariose repose exclusivement sur des mesures agronomiques et prophylactiques.

Plants et choix variétal

  • L’utilisation de plants sains permet de limiter les infections car le champignon pourrait être en partie transmis par les plants.
  • La sensibilité variétale est très variable. La maladie progresse plus rapidement dans les variétés précoces.
  • Avant la plantation et pendant la saison culturale, éliminer les débris de culture permettra de limiter la conservation de l’inoculum d’Alternaria sp.

Pendant la saison culturale

  • Eviter les stress nutritionnels permet de ralentir la progression de l’alternariose. Une fertilisation suffisante et précise est primordiale pour limiter les pertes.
  • Eviter les stress hydriques par une irrigation répondant aux besoins précis de la plante limitera aussi le développement de la maladie.

Traitements fongicides

A partir de la floraison, en plus des fongicides spécifiques contre l’alternariose, certains fongicides anti-mildiou (mancozèbe, chlorotalonil) sont également efficaces. 

Notons que les observations au champ restent indispensables pour estimer la pression en maladies et l’utilité d’un éventuel traitement.

Défanage

  • Un délai suffisant, de l’ordre de 3 semaines, entre le défanage et la récolte permet de limiter les blessures à la peau des tubercules et de permettre la subérisation.

Récolte

  • Limiter les dommages aux tubercules permettra de diminuer les portes d’entrée pour le pathogène et évitera les contaminations lors du stockage.

Stockage

  • Si les tubercules sont blessés ou malades, on veillera à effectuer un séchage et une cicatrisation efficaces.
  • Assurer une bonne circulation de l’air et diminuer le taux d’humidité permettra un meilleur séchage.

Le site de la FIWAP (Filière Walonne de la Pomme de terre) propose de nombreux documents disponibles en ligne relatifs à la lutte intégrée, la législation, la culture bio, etc.

La législation et les produits autorisés étant en constante évolution, nous vous invitons à consulter régulièrement les sites de la FIWAP et phytoweb.

Pour tout usage d’un pesticide, veillez à lire l’étiquette et à bien respecter les conditions et les conseils d’utilisation afin de garantir l’efficacité du traitement et la préservation de l’environnement !

Cahier des charges du Gouvernement wallon

Les principes généraux en matière de lutte intégrée contre les ennemis des cultures ont été fixés par le Gouvernement wallon. Ils sont regroupés dans un cahier des charges présenté en annexes 1 et 2 de l’Arrêté Ministériel du 6 mars 2019 modifiant les annexes de l'Arrêté Ministériel du 26 janvier 2017 portant sur l'exécution de l'Arrêté du Gouvernement Wallon du 10 novembre 2016 relatif à la lutte intégrée contre les ennemis des cultures. Ce cahier des charges peut être consulté ici.

Dans ce cahier des charges, les huit grands principes qui doivent être respectés dans le cadre de la lutte intégrée sont déclinés en actions de 3 niveaux d’obligation.