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Mildiou | Laitue

Bremia lactucae

Symptômes et dégâts

Sur les feuilles 

  • Les symptômes du mildiou se caractérisent par des taches anguleuses jaune verdâtre sur la face supérieure des feuilles contaminées.
  • La face inférieure peut quant à elle être recouverte d'un fin duvet blanc. Les lésions évoluent ensuite en taches brunes et sèches.
  • Ce sont les feuilles les plus vieilles, abimées et en contact avec le sol qui sont infectées en premier lieu.
  • Parfois, le pathogène engendre une infection systémique qui se traduit par une coloration noirâtre des tissus vasculaires. Dans le cas d'une infection précoce, la plantule peut mourir.

Le mildiou de la laitue est le pathogène foliaire le plus important en culture de laitue à travers le monde. Les dégâts peuvent être importants sur les semis et une partie des feuilles peut devenir non consommable. La menace est conséquente tout au long de la saison. L'ensemble d'une parcelle peut être détruit en quelques jours.

Biologie de Bremia lactucae sur laitue 

biologie du pathogène

  • Plantes hôtes : Les plantes de la famille des astéracées sont sensibles à la maladie : tournesol, chicorée, endive, salsifi, topinambour, artichaut, mais aussi tous les types de salade (romaine, iceberg, frisée...) et des adventices comme le pissenlit.
  • Facteurs favorables au développement du mildiou : Différents facteurs facilitent l'installation de la maladie : la présence d'eau libre sur les feuilles, une humidité élevée ainsi que des pluies orageuses ou une irrigation excessive ou encore le vent ou des températures entre 10 et 22 °C.
  • Cycle de vie : Le pathogène se conserve sous forme d'oospores ou de mycéliums dans les résidus de cultures infectées ou dans les laitues cultivées et sauvages. Au printemps, les oospores germent et produisent des sporanges qui sont dispersés vers les plantes par des éclaboussures d'eau ou par le vent. Le champignon pénètre directement par la cuticule, colonise les cellules de la plante et produit des spores qui sont libérées via les stomates localisés à la face inférieure des feuilles.

Gestion intégrée du mildiou en culture de laitue

​Les principes généraux en matière de lutte intégrée contre les ennemis des cultures ont été fixés par le Gouvernement wallon. La lutte intégrée est obligatoire et les mesures sont regroupées dans un cahier des charges. Integrated pest management (IPM).

IPM

A. Mesures agronomiques préalables à la culture

  • Rotation : Réaliser une rotation d’au moins une année sur deux. Il est cependant conseillé d’augmenter la rotation à 3 années sans cultures hôtes. (Dans le cas de la culture sous abris la rotation n’est pas obligatoire mais est vivement conseillée).
  • Choix variétal : Le choix variétal tient compte de la résistance ou de la tolérance aux maladies.
  • Fertilisation : La fertilisation doit être fondée sur une analyse de sol effectuée au moins tous les 5 ans. L’application excessive d’engrais azotés est à éviter. Dans le cas des cultures de plein air, cette mesure est de niveau d'obligation 2, alors qu'elle est de niveau d'obligation 1 pour les cultures sous abri.
  • Choix de la parcelle : Éviter les parcelles humides ou mal drainées. 

C. À la plantation 

  • Densité de plantation : Il est nécessaire de choisir des distances de plantation adaptées. Une bonne densité de plantation permet l’aération de la culture et une diminution de l’humidité propice au développement du pathogène.

D. En cours de végétation

  • Irrigation : Éviter l’utilisation excessive d’eau. Il est conseillé d’éviter l’irrigation par aspersion favorisant la propagation du pathogène, et de lui préférer l’irrigation au goutte-à-goutte.
  • Protection physique de la culture : Il faut limiter au maximum les blessures faites aux laitues (blessures dues aux pratiques culturales, repiquage, événements climatiques, autres maladies et ravageurs). 
  • Mesures additionnelles pour les cultures sous abri :
    • Sous abris : ll est nécessaire de gérer de façon optimale la climatisation, d’aérer et de ventiler l’abri. La bonne circulation de l'air est la meilleure façon d'éviter cette maladie.
    • Mesure d’hygiène : Nettoyer régulièrement les machines et l'outillage, ainsi que les abris et les sols de culture, afin d'éviter la propagation d'organismes nuisibles.
    • Gestion des plants malades : Éliminer les plantes, les parties de plantes ou les restes de plantes infectées.
    • Gestion des résidus de culture : Éliminer les résidus de culture après récolte.

F. Traitements éventuels 

Traitement

La législation et les produits autorisés étant en constante évolution, nous vous invitons à consulter régulièrement le site Phytoweb pour toute utilisation en Belgique.

En cas de traitement, il est conseillé de privilégier les biopesticides, les substances de base et les pesticides à faible risque. Pour tout usage de pesticide, il convient de lire attentivement l'étiquette et de respecter les conditions et conseils d'utilisation, afin de garantir l'efficacité du traitement et la préservation de l'environnement !

Pour aller plus loin | Sources

Le CIM (Centre interprofessionnel maraîcher) propose sur son site web des informations, des documents complémentaires et émet en saison des avertissements concernant les différents pathogènes s'attaquant aux cultures maraîchères.

  • Guide pratique de défense des cultures. (2016).
  • Koike, S. T., Gladders, P., & Paulus, A. O. (2007). Vegetable diseases : A Color Handbook. Gulf Professional Publishing.

Légende: 

​: Gravité du symptôme (varie graduellement entre vert, orange et rouge)

​ : Fréquence du symptôme

​Integrated pest management (Lutte intégrée)

 Niveau 1 : Mesure à appliquer obligatoirement.

 Niveau 2 : 70 % des mesures de niveau 2 doivent être appliquées au niveau de l'exploitation.