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Mildiou de la pomme de terre

Phytophthora infestans

 

Symptômes

Sur les parties aériennes

  • Larges taches brunes à l’aspect huileux entourées d’une auréole vert clair
  • Mycélium blanc sur la face inférieure des taches
  • Dessèchement du centre des taches observable
  • Taches brunes possibles sur les tiges et les pétioles qui peuvent entrainer des cassures sur les jeunes plantes

Sur les tubercules

  • Taches brunâtres sur l’épiderme
  • Zones marbrées de couleur rouille dans la chair donnant l’aspect d’une pourriture sèche

 

Cycle de développement

Il se conserve sous différentes formes en fonction des zones de production :

  • Par l'intermédiaire d'oospores dans les tissus malades dans les sols et dans les débris végétaux
  • Sous la forme de mycélium à l'intérieur de tubercules de pomme de terre malades
  • Sur d’autres hôtes alternatifs (plants de tomate)

 

Facteurs favorables

Ce pathogène est  influencé par les conditions climatiques : une pellicule d’eau sur les folioles est nécessaire pour la germination et l’infection des zoospores. Le pathogène est favorisé par une humidité importante (90%) et par des températures comprises entre 10 et 25°C. Une période sèche prolongée ou des températures supérieures à 30°C empêchent le développement.

 

Dégâts

  • Quantitatif : pertes de rendement jusqu’à 100%
  • Qualitatif : tubercules atteints lors d’attaques tardives entrainant des problèmes de conservation

 

La gestion intégrée du mildiou en culture de pommes de terre

La lutte intégrée contre le mildiou repose exclusivement sur des mesures agronomiques et prophylactiques. Empêcher l’installation de foyers primaires dans la parcelle est primordial.

Rotation et choix de la parcelle

Mesure la plus utilisée, la rotation permet de réduire le risque d’infection. Un délai d’au moins 4 ans est recommandé entre deux cultures de pommes de terre.mais en règle générale, plus on allonge la rotation moins les risques seront importants.
Bien que peu fréquentes en Belgique, il est conseillé d’éviter les tomates, poivrons et aubergines dans la rotation ou les cultures voisines.

Plants et choix variétal

L’utilisation de plants certifiés permet de limiter les infections par des plants malades mais ne diminuera pas les infections foliaires provenant de sources voisines.

La sensibilité variétale varie fortement et celles ayant un feuillage très développé présentent plus de risques d’infection.

Plantation

  • Assurer une plantation assez profonde et un bon volume de buttes afin d’éviter la contamination des tubercules exposés par les spores provenant du feuillage.
  • Une température du sol d’au moins 10 °C est conseillée.
  • Les zones humides favorables aux infection par la jambe noire et le mildiou sont déconseillées.
  • Les variétés très précoces plantées tôt peuvent avoir fini leur cycle de développement au moment des fortes infections par le mildiou.
  • Orienter les rangs dans le sens des vents dominants permet une meilleure circulation du vent et un séchage plus rapide des feuilles.

La FIWAP sur son site internet, propose divers documents relatifs à la gestion des plants : réception, conservation, traitements divers, plantation, etc.

Irrigation

L’irrigation par aspersion doit être réduite au maximum ou planifiée afin de réduire la présence d’une pellicule d’eau sur les feuilles.

Avant et pendant la saison culturale

La destruction des tas d’écart de tirage (tas de déchets) ainsi que l’élimination des repousses de pommes de terre dans les autres cultures est primordiale car elles sont responsables des premiers foyers d’infection dans les parcelles.

Les avertissements agricoles apportent des conseils importants quant aux périodes les plus propices aux infections par le pathogène afin de permettre une intervention préventive contre le mildiou.

Une surfertilisation azotée entraine une croissance excessive du feuillage et augmente donc le risque d’infection.

Défanage

Un délai de 2 semaines entre le défanage et la récolte permet parfois aux tubercules atteints de pourrir et permet à l’épiderme des tubercules sains de se renforcer.

Récolte

Limiter les dommages aux tubercules permettra de diminuer les portes d’entrée pour le pathogène et évitera les contaminations lors du stockage.

Avertissements Mildiou

Le CARAH met en place des systèmes d'aide à la décision pour la lutte contre le mildiou de la pomme de terre en Région wallonne.

Traitements fongicides

Les observations restent indispensables pour estimer la pression en maladies et l’utilité d’un éventuel traitement.

La législation et les produits autorisés étant en constante évolution, nous vous invitons à consulter régulièrement les sites de la FIWAP et phytoweb.

Pour tout usage d’un pesticide, veillez à lire l’étiquette et à bien respecter les conditions et les conseils d’utilisation afin de garantir l’efficacité du traitement et la préservation de l’environnement !

 

Cahier des charges du Gouvernement wallon

Les principes généraux en matière de lutte intégrée contre les ennemis des cultures ont été fixés par le Gouvernement wallon. Ils sont regroupés dans un cahier des charges présenté en annexes 1 et 2 de l’Arrêté Ministériel du 6 mars 2019 modifiant les annexes de l'Arrêté Ministériel du 26 janvier 2017 portant sur l'exécution de l'Arrêté du Gouvernement Wallon du 10 novembre 2016 relatif à la lutte intégrée contre les ennemis des cultures. Ce cahier des charges peut être consulté ici.

Dans ce cahier des charges, les huit grands principes qui doivent être respectés dans le cadre de la lutte intégrée sont déclinés en actions de 3 niveaux d’obligation.