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Nématodes à kystes en culture de betterave - Bietencystenaaltje

Heterodera schachtii, H. betae

 

Symptômes

Le nématode peut attaquer les plantes de tout âge, les dégâts étant plus sévères lors d’attaques précoces. Des parcelles entières ou des foyers de tailles variables peuvent être infestés. Les zones d’infection localisées sont souvent rondes ou ovales et bien définies. La croissance des plantes y est faible.

  • Les jeunes plantes ont des pétioles allongés et restent rabougries jusqu’à la récolte. Lors des jours chauds, les feuilles externes du bouquet dépérissent. Les feuilles peuvent prendre une coloration jaune.
  • Au niveau des racines, le pivot est très réduit et produit un chevelu racinaire abondant ainsi que de nombreuses racines latérales.
  • Sur les radicelles, des kystes sont parfois visibles.

 

Cycle de développement

  • Les kystes, qui sont les corps des femelles mortes, contiennent des œufs ou des larves qui peuvent survivre plusieurs années dans les sols. En présence d’exsudats racinaires et lorsque la température est optimale (entre 16 et 28°C), les œufs éclosent et les larves peuvent infecter les racines grâce à leur stylet.
  • Les larves deviennent des adultes sédentaires qui produisent des sécrétions salivaires. Celles-ci entrainent la formation de cellules géantes du parenchyme cortical des racines, ce qui bloque la circulation de la sève et mène à la mort de la racine.
  • La plante réagit en formant de nombreuses radicelles au détriment de la racine principale.
  • Après trois mues, les mâles émergent de la racine et migrent dans le sol. Après une quatrième mue, les femelles prennent une forme de citron et attirent les mâles pour la reproduction. De cette manière, chaque femelle peut produire 200 œufs.
  • A maturité, la femelle, qui contient encore les œufs, meurt et son corps se rigidifie pour former les kystes bruns-rouges.
  • Ce cycle se produit en  quatre à huit semaines.
  • Deux ou trois générations sont possibles par an.

 

Facteurs favorables

  • Rotation trop courte avec des plantes-hôtes
  • Mauvaise structure et mauvais drainage du sol
  • Période chaude favorable à la multiplication des nématodes, et sécheresse favorable aux dégâts liés au flétrissement
  • Sol sablonneux

 

Dégâts

  • Les pertes de rendement peuvent être très importantes. Les betteraves atteintes sont petites et ont un chevelu racinaire qui augmente la tare terre.
  • La richesse en sucre est également diminuée.

 

Confusion possible

  • Rhizomanie.
  • Dégâts de structure ou de sécheresse.

 

Plantes-hôtes

  • Epinard, choux, colza, céleri, carotte, radis, moutarde, œillet (Dianthus), saponaire (Saponaria), ainsi que de nombreuses adventices.

 

 

Gestion intégrée des nématodes à kystes en culture de betteraves

 

Éviter la dissémination

  • Le nématode est disséminé principalement par le mouvement de terre contaminée par les kystes. Les transferts de terre (nettoyage des fossés, terre sur le matériel, terre de nettoyage des betteraves) doivent être évités.
  • L’eau d’irrigation provenant des drains d’un champ infecté peut également disséminer le nématode.

Rotation et cultures pièges

  • L’allongement de la rotation d’au moins trois ans sans culture-hôte est conseillé.
  • Il est également possible d’implanter des cultures pièges telles que la moutarde jaune ou le radis oléagineux. Ces cultures vont faire éclore les kystes mais ne permettent pas leur reproduction. À terme, cela fait baisser la densité de kystes dormant dans le sol.

Travail du sol

  • Le travail du sol doit être réalisé de manière à améliorer la structure du sol et le drainage, ce qui permet de limiter les conditions favorables au développement du nématode.

Semis

  • Il existe des variétés tolérantes ou semi-résistantes qui doivent être utilisées dans les champs à risque.
  • Un semis précoce permet d’éviter le contact entre les œufs éclos du nématode et les radicelles des plantules lorsque la température est favorable à l’infection.

Détection

Il est possible de déterminer la densité de nématode présent dans une parcelle grâce à une analyse de sol. Il est alors conseillé de réaliser l’analyse au cours de l’automne précédent la culture de betterave et au moins six mois après la culture d’une autre plante-hôte.