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Nématodes à kystes en culture de pommes de terre

Globodera spp.

Deux espèces de nématodes à kystes, Globodera rostochiensis et Globodera pallida, s’attaquent à la pomme de terre. Elles se distinguent par la morphologie de leurs larves et de leurs kystes. G. pallida est moins répandu que G. rostochiensis dans nos régions, cependant, les variétés de pomme de terre résistantes à G. pallida sont beaucoup moins nombreuses que celles résistantes à G. rostochiensis.

Symptômes et dégats

Au niveau de la parcelle

  • Des zones circulaires de taille variable, où la végétation est moins dense, peuvent apparaître dans les parcelles à la suite d’un retard de croissance des plants. Ces zones peuvent réapparaître d’année en année.
  • Les plants présentent une sénescence prématurée dans les zones infestées.
  • Les racines adventives ont un chevelu hérissé, sur lequel on peut voir apparaître des chapelets de petites boules, d’abord blanches, puis jaune doré et enfin rouge-brun.

Sur les tubercules

  • Une réduction du calibre et du nombre de tubercules produits par pied.

L’ampleur des dégâts est fonction de la résistance variétale et du nombre de nématodes. Les pertes peuvent atteindre 80% si d’importants foyers sont présents résultant d’une rotation de la culture de la pomme de terre beaucoup trop courte.

Identification des nématodes

  • Les kystes de G. rostochiensis évoluent du blanc au brun en passant par un stade jaune doré.
  • Les kystes de G. pallida évoluent du blanc au brun en passant par le gris.

 

Au vu de la taille des kystes, ces différences ne sont visibles qu’au microscope.

Biologie de Globodera spp. en pomme de terre

biologie du pathogène

  • Plantes hôtes: Les nématodes s’attaquent principalement aux pomme de terre mais peuvent également créer des dommages sur d’autres solanacées en cultures couvertes, comme les aubergines, les tomates ou encore les poivrons. 
  • Facteurs favorables au développement des nématodes : Les sols légers et une humidité suffisante au printemps favorisent l’éclosion massive des œufs contenus dans les kystes et facilitent le déplacement des larves. Les nématodes pullulent particulièrement en cas de monoculture de pomme de terre ou de rotations trop courtes, ainsi qu’en l’absence de variétés résistantes ou de mesures d’hygiène rigoureuses limitant le transport de terre infestée d’une parcelle à l’autre.
  • Cycle de vie:  Les nématodes à kyste (Globodera spp.) persistent dans le sol sous forme de kystes, structures sphériques de la taille d’une tête d’épingle contenant les œufs ou les larves. L’éclosion est principalement induite par les exsudats racinaires de la pomme de terre. Les juvéniles migrent alors vers les racines de l’hôte, les pénètrent et s’y alimentent. Ce prélèvement de nutriments entraîne un gonflement du corps des femelles adultes, dont la partie postérieure rompt la paroi racinaire et devient visible à l’œil nu. Après fécondation par le mâle, chaque femelle produit 100 à 1000 œufs, qui se développent à l’intérieur de son corps. À la mort de la femelle, sa cuticule se tanne et durcit pour former le kyste, qui protège les œufs. Ceux-ci peuvent y rester viables en l’absence d’hôte pendant plusieurs années, voire jusqu’à vingt ans selon certaines sources.

Gestion intégrée des nématodes à kystes en culture de pommes de terre

Les principes généraux en matière de lutte intégrée contre les ennemis des cultures ont été fixés par le Gouvernement wallon. La lutte intégrée ou integrated pest management (IPM) est obligatoire et les mesures sont regroupées dans un cahier des charges.

IPM

A. Mesures agronomiques préalables à la culture

  • Choix des plants : Il est obligatoire d’utiliser des plants sains. Cette méthode permet de limiter la dispersion du ravageur sur les parcelles non infectées.
  • Choix des variétés : Le choix variétal tient compte de la résistance ou de la tolérance aux ravageurs. Ces informations peuvent être trouvées sur le site de la FIWAP.
  • Rotation : Un délai d’au moins 4 ans est obligatoire entre deux cultures de pommes de terre (mesure de type 1 pour les pommes de terre plant et de type 2 pour les pommes de terre de consommation). Pour limiter l’impact de ces nématodes, il est cependant conseillé d’allonger la rotation à 5 ans et d’éviter de cultiver d’autres plantes hôtes de la famille des Solanacées (tomate, aubergine…) sur la parcelle.
  • Gestion des résidus de culture : Éliminer les repousses de pommes de terre dans les cultures suivantes est l’une des mesures les plus efficaces pour limiter les populations de nématodes dans la parcelle.
  • Planter une culture piège : Les cultures pièges agissent en attirant les nématodes hors de leurs kystes sans leur laisser le temps de compléter leur cycle biologique. Cette technique s'applique soit par le semis d'une espèce piège dédiée (telle que le 'Raketblad'), soit par la destruction précoce d'une culture de pommes de terre avant la maturation complète du parasite.
  • Il a été prouvé que le lisier et le compost de porc modifient les conditions microbiennes du sol provoquant une diminution des œufs dans les premières dizaines de centimètres du sol.

B. Durant la récolte

  • La récolte précoce des pommes de terre primeurs permet de casser le cycle de développement des nématodes à kystes et donc de diminuer les populations dans le sol et l’impact sur les cultures suivantes.

C. Traitements éventuels

  • Aucun moyen de lutte curative n’existe. La prophylaxie est la seule solution pour contenir une infection par les nématodes à kystes.
  • Désinfection chimique du sol : L’application de nématicides homologués permet de réduire la population de kystes de 60 à 80 % dans des conditions optimales. Cependant, en raison du taux de multiplication élevé du ravageur, cette méthode coûteuse s'avère insuffisante à elle seule: la population peut être reconstituée en un an. De plus, le coût important et l’impact négatif des nématicides sur l’environnement sont des facteurs non négligeables.
  • Inondation (submersion) : Le maintien sous eau de la terre de triage ou de lavage pendant 16 semaines à une température moyenne de 15°C permet d'éliminer efficacement les kystes de Globodera spp. Cette méthode s'avère également efficace contre d'autres nématodes phytoparasites (Meloidogyne hapla, Trichodorus spp., etc.).
  • Traitement thermique : L'exposition de la terre de tare à une température de 65 à 70°C pendant 5 minutes détruit intégralement les kystes de nématodes présents dans le sol.

Les observations restent indispensables pour estimer la pression en ravageurs et l’utilité d’un éventuel traitement.

La législation et les produits autorisés étant en constante évolution, nous vous invitons à consulter régulièrement les sites de la FIWAP et Phytoweb pour toute utilisation en Belgique.

En cas de traitement, il est conseillé de privilégier les biopesticides, les substances de base et les pesticides à faible risque. Pour tout usage de pesticide, il convient de lire attentivement l'étiquette et de respecter les conditions et conseils d'utilisation, afin de garantir l'efficacité du traitement et la préservation de l'environnement !

Pour aller plus loin | Sources

Sur le site internet de la FIWAP (Filière Walonne de la Pomme de terre), divers documents relatifs à la gestion des plants : réception, conservation, traitements divers, plantation, etc. sont disponbiles.

FIWAP

Légende: 

: Gravité du symptôme (varie graduellement entre vert, orange et rouge)

 : Fréquence du symptôme

Integrated pest management (Lutte intégrée)

 Niveau 1 : Mesure à appliquer obligatoirement.

 Niveau 2 : 70 % des mesures de niveau 2 doivent être appliquées au niveau de l'exploitation.