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Pourriture grise de la vigne

Botrytis cinerea

 

Symptômes

Il existe différentes souches de botrytis s’attaquant préférentiellement aux fleurs, aux grappes ou aux feuilles.

Sur les feuilles

  • Les symptômes d’attaque peuvent apparaitre dès la période précédant la floraison. Des taches nécrotiques irrégulières apparaissent sur les feuilles, parfois laissant apparaitre des formes concentriques ressemblant à des brulures. Ces dernières sont localisées à la base des feuilles, là où l’eau a tendance à s’accumuler.

Sur les grappes

  • Apparition de taches brunes sur le rachis et les pédicelles des inflorescences.
  • En conditions humides, le mycélium gris ainsi que les spores volatiles sont visibles sur les tissus touchés et se propagent rapidement. Aux alentours de la véraison, les baies peuvent montrer les symptômes d’infections quiescentes ayant eu lieu près de la floraison. Les raisins semblent alors imbibés d’eau et la peau se détachant aisément apparait brillante.
  • Dessèchement des fruits plus développés et chute prématurée des raisins.
 

Cycle de développement

  • Le champignon hiverne sur les feuilles mortes et dans le sol sous diverses formes, principalement les sclérotes.
  • Après la formation du mycélium, la dissémination des conidies dans le vignoble se réalise grâce au vent, la pluie, les insectes et les vertébrés.
 

Facteurs favorables

  • La germination des conidies est optimale lorsque la température est comprise entre 17 et 23 °C et lorsque l’humidité relative dépasse les 93 %.
  • Les baies mûres, nécrosées, blessées ou en sénescence sont plus susceptibles d’être infectées que les autres tissus.
 

Dégâts

Le botrytis peut causer des dégâts économiques importants en diminuant la productivité du vignoble et la qualité du vin. Les rendements sont affectés via la destruction des fleurs ou l’attaque des grappes en pré et postproduction et les dégâts sur feuilles réduisent l’activité photosynthétique. La qualité du vin est également altérée suite aux modifications de la composition chimique du raisin infecté par la production de mycotoxines. La géosmine, composé produit par divers microorganismes, peut donner un goût terreux au vin.

 

Gestion intégrée de la pourriture grise en viticulture

De nombreux facteurs influent sur l’expression du botrytis en viticulture. Ainsi, la plante, le sol, le climat et la conduite annuelle du vignoble sont des paramètres à prendre en considération.

Choix du cépage et du porte-greffe

Les différents cépages, combinés à un porte-greffe adapté, présentent une sensibilité variable à la pourriture grise (voir fiche relative à la sensibilité des différents cépages aux maladies), il est donc important de bien choisir ses ceps en fonction des objectifs de production recherchés. Une variété précoce sera favorisée.

Éviter l’inoculum primaire

  • Choisir des plants sains et certifiés
  • Détruire les résidus de culture et les vignes abandonnées

Maîtriser la vigueur des vignes

Cela permet de réduire la croissance excessive du feuillage, d’en diminuer l’humidité relative et donc de limiter les risques d’infection.

  • Limiter l’apport de fumure et la fertilisation.
  • Tailler, ébourgeonner, effeuiller et épamprer de manière efficace.
  • Choisir un porte-greffe peu vigoureux.
  • Pratiquer l’enherbement du vignoble après quelques années de plantation.

Lutte contre les ravageurs

  • Éviter les attaques des grappes par les autres agresseurs (insectes, vertébrés et autres microorganismes) afin de limiter les dégâts conférés aux baies et donc les risques d’infection.

Récolte des baies

  • Les vendanges doivent être réalisées avant la surmaturité des baies.
  • Trier les baies botrytisées pour éviter qu’elles n’influencent le processus de vinification.

Choix de la parcelle

  • Favoriser les sols bien drainés et éviter la présence d’eau stagnante.
  • Implanter le vignoble dans un environnement ouvert pour permettre une bonne aération des plants. Une orientation nord-sud est également privilégiée.

 

L’utilisation de produits phytosanitaires composés de souches de champignons et bactéries antagonistes tels que Bacillus subtilis permettent de limiter les applications de substances de synthèse.

Tout système de lutte chimique doit être doit veiller à alterner les matières actives afin d’éviter la sélection de souches résistantes.

Les traitements peuvent commencer lors de l’allongement de l’inflorescence et se terminer aux alentours de la véraison. Ils seront effectués préférentiellement sur les grappes. La pulvérisation en tunnel permet de limiter considérablement les pertes de produit.

 

La législation et les produits autorisés étant en constante évolution, nous vous invitons à consulter régulièrement le site phytoweb.

Pour tout usage d’un pesticide, veillez à lire l’étiquette et à bien respecter les conditions et les conseils d’utilisation afin de garantir l’efficacité du traitement et la préservation de l’environnement !

Cahier des charges du Gouvernement wallon

Les principes généraux en matière de lutte intégrée contre les ennemis des cultures ont été fixés par le Gouvernement wallon. Ils sont regroupés dans un cahier des charges présenté en annexes 1 et 2 de l’Arrêté Ministériel du 6 mars 2019 modifiant les annexes de l'Arrêté Ministériel du 26 janvier 2017 portant sur l'exécution de l'Arrêté du Gouvernement Wallon du 10 novembre 2016 relatif à la lutte intégrée contre les ennemis des cultures. Ce cahier des charges peut être consulté ici.

Dans ce cahier des charges, les huit grands principes qui doivent être respectés dans le cadre de la lutte intégrée sont déclinés en actions de 3 niveaux d’obligation.