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Pourriture grise | Laitue

Botrytis cinerea

Symptômes et dégâts 

Sur le collet 

  • Apparition de nécroses brun-orange sur le collet des salades.

Sur les feuilles 

  • Apparition d’un duvet grisâtre sur les feuilles sénescentes principalement.
  • Pourriture des feuilles basales et sénescentes.

Cette maladie est courante sur les laitues. Elle cause rarement de gros dégâts mais si les conditions sont favorables au pathogène, les pertes peuvent être significatives.

Confusions possibles 

Confusion possible avec d’autres attaques fongiques comme les pourritures basales liées à la présence de Phoma exigua ou les attaques de Sclerotinia sp. 

Biologie de la pourriture grise sur laitue 

biologie du pathogène

  • Plantes hôtes : les plantes hôtes sont très nombreuses, le champignon est pathogène d’énormément d’espèces différentes.
  • Cycle de vie : Le champignon a une activité saprophytique (se nourrit de matière organique morte) importante et peut donc survivre sur les débris et déchets de culture. Il peut aussi survivre sur des adventices ou sous forme de sclérotes dans le sol. Les conidies issues de ces sources d’inoculum sont transportées par le vent et atteignent les organes affaiblis qui sont les premiers infectés. L’infection se propage ensuite aux autres organes. 
  • Facteurs favorables au développement de la pourriture grise : Des températures relativement basses, une humidité relative élevée, un excès en azote favorisent le développement du Botrytis. L’eau libre sur le feuillage, la présence d’autres maladies, les blessures et le stress peuvent également favoriser son apparition. 

Gestion intégrée de la pourriture grise en culture de laitue

Les principes généraux en matière de lutte intégrée contre les ennemis des cultures ont été fixés par le Gouvernement wallon. La lutte intégrée est obligatoire et les mesures sont regroupées dans un cahier des charges. Integrated pest management (IPM).

IPM

A. Mesures agronomiques préalables à la culture

  •  Rotation : Réaliser une rotation d’au moins une année sur deux. Il est cependant conseillé d’augmenter la rotation à 3 années sans cultures hôtes.
  • Fertilisation : La fertilisation doit être fondée sur une analyse de sol effectuée au moins tous les 5 ans. L’application excessive d’engrais azotés est à éviter.

B. A la plantation 

  • Densité de plantation : Il est nécessaire de choisir des distances de plantation adaptées. Une bonne densité de plantation permet l’aération de la culture et une diminution de l’humidité propice au développement du pathogène.
  • Il faut également éviter d’enterrer trop profondément les plants lors du repiquage. 

C. En cours de végétation

  • Irrigation : Éviter l’utilisation excessive d’eau. Il est conseillé d’éviter l’irrigation par aspersion favorisant la propagation du pathogène, et de lui préférer l’irrigation au goutte-à-goutte.
  • Il faut également limiter au maximum les blessures faites aux laitues (blessures dues aux pratiques culturales, repiquage, événements climatiques, autres maladies et ravageurs). 
  • S’il s’agit d’une culture en serre, aérer et ventiler l’abri.
  • Il ne faut surtout pas confiner les plantes dans une atmosphère chaude et humide.
  •  Il convient également de désinfecter le matériel et les éventuelles installations ayant servi à faire pousser les plantes, en les nettoyant à l’eau de javel diluée ou à l’alcool concentré. 

D. Traitements éventuels 

Traitements 

La législation et les produits autorisés étant en constante évolution, nous vous invitons à consulter régulièrement le site Phytoweb pour toute utilisation en Belgique.

En cas de traitement, il est conseillé de privilégier les biopesticides, les substances de base et les pesticides à faible risque. Pour tout usage de pesticide, il convient de lire attentivement l'étiquette et de respecter les conditions et conseils d'utilisation, afin de garantir l'efficacité du traitement et la préservation de l'environnement !

Pour aller plus loin | Sources

Le CIM (Centre interprofessionnel maraîcher) propose sur son site web des informations, des documents complémentaires et émet en saison des avertissements concernant les différents pathogènes s'attaquant aux cultures maraîchères.

  • Guide pratique de défense des cultures. (2016).
  • Koike, S. T., Gladders, P., & Paulus, A. O. (2007). Vegetable diseases : A Color Handbook. Gulf Professional Publishing.
  • Le Centre interprofessionnel maraicher (CIM) qui développe et vulgarise les informations dans le secteur des cultures maraîchères pour le marché frais en Région Wallonne.
  • Service Public de Wallonie (SPW). (2022). Lutte intégrée contre les ennemis des cultures : exigences pour les cultures autres que les ornementales (Annexe 1 à l'arrêté ministériel du 26 janvier 2017 portant exécution de l'arrêté du Gouvernement wallon du 10 novembre 2016, modifié par l'arrêté ministériel du 13 octobre 2022). https://agriculture.wallonie.be/files/20182/21846/cahiers%20des%20charges%202019%20_%20tout%20sauf%20ornement.docx

Légende: 

​: Gravité du symptôme (varie graduellement entre vert, orange et rouge)

​ : Fréquence du symptôme

​Integrated pest management (Lutte intégrée)

 Niveau 1 : Mesure à appliquer obligatoirement.

 Niveau 2 : 70 % des mesures de niveau 2 doivent être appliquées au niveau de l'exploitation.