Rhizoctone violet | carotte
Rhizoctonia violacea
L'attaque commence sur des jeunes plantes de quelques semaines et se poursuit jusqu'à la récolte mais le développement des symptômes est généralement tardif ; le plus souvent la maladie ne se révèle qu’au moment de l’arrachage.
Symptômes et dégâts 

Sur les racines
- Des taches violettes superficielles plus ou moins étendues, débutant à la base de la racine.
- Des pourritures sèches violacées qui peuvent évoluer vers des pourritures molles causées par des bactéries secondaires.
Même si cette maladie est rare, les dégâts peuvent être considérables étant donné que les symptômes ne sont visibles qu’à l’arrachage des plants. Une attaque même faible ne doit pas être négligée car le champignon poursuit son développement sur les carottes durant le stockage et peut contaminer rapidement les racines voisines provoquant d’importantes pertes par pourriture.
Biologie du Rhizoctonia violacea sur carotte

- Plantes hôtes : R. violacea peut s’attaquer aux carottes et plusieurs autres cultures dont asperge, haricot, betterave, choux, pommes de terre, trèfle, rhubarbe, luzerne, d’autres ombellifères et de nombreuses plantes adventices (Achillea, Rumex, Ranunculus, Cirsium, Potentilla, etc.)
- Facteurs favorables au développement du Rhizoctone violet : Des températures en culture autour de 26 °C (développement possible entre 9 et 39 °C). Une mauvaise structure du sol. Une succession de cultures sensibles au champignon (betterave, pomme de terre, trèfle, luzerne) et/ou par des mauvaises herbes (renouées, chénopodes, mercuriales, orties, rumex, plantains). Des taux d’humidité élevés. Des sols légèrement acides ou très basiques sont favorables au développement de ce champignon. Des étés chauds suivis d’automnes pluvieux ou encore une fertilisation mal équilibrée sont des facteurs favorables au développement de la maladie.
- Cycle de vie : Le champignon se conserve dans le sol sous forme de sclérotes durant plusieurs années (jusqu’à 20 ans) et à partir de celles-ci se développe le mycélium qui s’attaque à la surface de la racine, puis pénètre progressivement dans les tissus en provoquant sa pourriture. L’infection peut débuter dès le mois de septembre soit 30 à 45 jours après la levée et se poursuivre durant l’hiver.
Gestion intégrée du rhizoctone violet en culture carotte
Les principes généraux en matière de lutte intégrée contre les ennemis des cultures ont été fixés par le Gouvernement wallon. La lutte intégrée est obligatoire et les mesures sont regroupées dans un cahier des charges. Integrated pest management (IPM).

A. Mesures agronomiques préalables à la culture
Rotation : Réaliser une rotation d'une année sur trois pour les légumes de la même famille, mais possibilité de réaliser deux cultures d'une même espèce sur une même parcelle la même année. Il est néanmoins conseillé d'élargir la rotation à 5 ans entre deux cultures de la famille des ombellifères et autres cultures hôtes.- Choix de la parcelle : Éviter les parcelles avec des zones d'accumulation d'eau et réaliser des buttes avant la réalisation des semis.
B. Avant la plantation
Drainage : il est conseillé de réaliser un drainage des parcelles pour éviter l'accumulation d'eau propice au développement du pathogène.
Fertilisation : La fertilisation doit être fondée sur une analyse de sol effectuée au moins tous les 5 ans. Il est important d'éviter les excès d'azote propice au développement du pathogène.- Limiter l’élévation du pH du sol
C. En cours de végétation
-
Irrigation : Éviter l'utilisation excessive d'eau.
D. Après la culture
- Gestion des résidus de culture : Évacuer et détruire les résidus de récolte.
E. Traitements éventuels
Traitements
La législation et les produits autorisés étant en constante évolution, nous vous invitons à consulter régulièrement le site Phytoweb pour toute utilisation en Belgique.
En cas de traitement, il est conseillé de privilégier les biopesticides, les substances de base et les pesticides à faible risque. Pour tout usage de pesticide, il convient de lire attentivement l'étiquette et de respecter les conditions et conseils d'utilisation, afin de garantir l'efficacité du traitement et la préservation de l'environnement !
Pour aller plus loin | Sources
Le CIM (Centre interprofessionnel maraîcher) et le CPL-Végémar proposent sur leurs sites web des informations, des documents complémentaires et émettent en saison des avertissements concernant les différents pathogènes s'attaquant aux cultures.

- Agrobiotop. Rhizoctone violet (Rhizoctonia crocorum) : causes, dégats et traitements. https://www.agrobiotop.com/. Site web visité le 01.04.2025
- Syngenta. Rhizoctone violet de la carotte. https://www.syngenta.fr/. Site web visté le 01.04.2025
- Clinique des Plantes. Rhizoctone violet de la carotte. https://www.cliniquedesplantes.fr/. Site web visité le 01.04.2025
- Agriculture de demain. Rhizoctone violet. http://www.agriculture-de-demain.fr/. Site web visité le 01.04.2025
- Centre wallon de Recherches agronomiques (CRA-W). (2026). Vade-mecum des Etats généraux de la Protection des cultures. https://www.cra.wallonie.be/uploads/2026/07/vade-mecum-egpc-cra-w.pdf
- Service Public de Wallonie (SPW). (2022). Lutte intégrée contre les ennemis des cultures : exigences pour les cultures autres que les ornementales (Annexe 1 à l'arrêté ministériel du 26 janvier 2017 portant exécution de l'arrêté du Gouvernement wallon du 10 novembre 2016, modifié par l'arrêté ministériel du 13 octobre 2022). https://agriculture.wallonie.be/files/20182/21846/cahiers%20des%20charges%202019%20_%20tout%20sauf%20ornement.docx
Légende:
: Gravité du symptôme (varie graduellement entre vert, orange et rouge)
: Fréquence du symptôme
Integrated pest management (Lutte intégrée)
Niveau 1 : Mesure à appliquer obligatoirement.
Niveau 2 : 70 % des mesures de niveau 2 doivent être appliquées au niveau de l'exploitation.