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Rouille vésiculeuse de l'écorce | pin

Cronartium ribicola et Cronartium pini

Symptômes et dégâts

Sur le tronc et les branches 

  • Présence de boursouflures, d'un renflement fusiforme de l'écorce et d'un écoulement de résine (qui attire la pyrale du tronc).
  • Au printemps, des vésicules orangées (écidies) apparaissent, ainsi que des chancres et des zones noircies par la fumagine.

Sur les aiguilles

  • Jaunissement des aiguilles, puis chute prématurée de celles-ci.

Les arbres atteints présentent un ralentissement de leur croissance. Chez les jeunes pins fortement infectés, la maladie peut entraîner le dessèchement de certaines branches, voire la mort du plant : lorsqu'un chancre encercle complètement le tronc, l'arbre perd sa dominance apicale et finit par mourir. Chez les sujets plus âgés, l'évolution est beaucoup plus lente : la maladie peut progresser pendant une vingtaine d'années avant que l'arbre ne dépérisse.

Biologie de Cronartium spp. sur pin

biologie du pathogène

  • Plantes hôtes : La maladie est provoquée par C. ribicola sur les pins à 5 aiguilles et par C. pini sur les pins à 2 aiguilles.
  • Facteurs favorables au développement de la maladie : La présence des hôtes alternants dans la zone de plantation ainsi qu'un climat frais et humide augmentent le risque de développement de la maladie.
  • Cycle de vie : Le cycle de la rouille nécessite généralement deux hôtes : un hôte principal, le pin, et un hôte alternant. Pour C. ribicola, il s'agit des Ribes (groseilliers sauvages) ; pour C. pini, du dompte-venin, du mélampyre ou de la pivoine. Le cycle débute au printemps, lorsque les écidies (fructifications) formées sur les branches et le tronc du pin libèrent leurs spores. Transportées par le vent, celles-ci infectent les feuilles de l'hôte alternant. Des urédies brun-orange s'y développent à la face supérieure puis, à l'automne, des télies jaune-brun apparaissent à la face inférieure. Le cycle se referme lorsque les basidiospores produites sur l'hôte alternant sont dispersées par le vent et contaminent les aiguilles du pin. Le champignon progresse ensuite vers les branches et le tronc, où de nouvelles écidies se forment 1 à 5 ans après l'infection des aiguilles.

Gestion intégrée de la rouille vésiculeuse en culture de pin

Les principes généraux en matière de lutte intégrée contre les ennemis des cultures ont été fixés par le Gouvernement wallon. La lutte intégrée ou integrated pest management (IPM) est obligatoire et les mesures sont regroupées dans un cahier des charges.

IPM

A. Mesures préalables à la plantation

  • Choix des plants : Il est recommandé d'utiliser des plants sains afin de limiter la propagation de la maladie d'une parcelle à l'autre.

B. Plantation

  • Choix de la parcelle : Il est conseillé d'utiliser des sites bien drainés, de favoriser l'aération de la parcelle et de privilégier l'élagage systématique.

C. En cours de culture

  • Gestion des plants malades : Enlever régulièrement les plantes et les restes de plantes malades. Il convient d'éliminer rapidement les branches atteintes et de les brûler. Si le tronc est touché et que les symptômes sont généralisés, il conviendra de supprimer l'arbre en entier.
  • Hygiène : Si vous coupez des branches avec un sécateur, veillez à le désinfecter correctement.

D. Traitements éventuels 

La législation et les produits autorisés étant en constante évolution, nous vous invitons à consulter régulièrement le site Phytoweb pour toute utilisation en Belgique. 

En cas de traitement, il est conseillé de privilégier les biopesticides, les substances de base et les pesticides à faible risque. Pour tout usage de pesticide, il convient de lire attentivement l'étiquette et de respecter les conditions et conseils d'utilisation, afin de garantir l'efficacité du traitement et la préservation de l'environnement !

Pour aller plus loin | Sources

Pour plus d’informations, l’Observatoire wallon de la santé des forêts (OWSF) publie un bilan périodique de la santé des peuplements forestiers wallons et bruxellois, ainsi qu’un rapport annuel sur l’état général des forêts wallonnes. Il coordonne également un réseau de correspondants-observateurs, chargés de surveiller et de signaler les problèmes sanitaires en forêt, ainsi qu’un réseau de surveillance systématique. Enfin, l’Union ardennaise des pépiniéristes (UAP) peut être une ressource intéressante pour les informations relatives aux pépinières forestières.

Légende: 

: Gravité du symptôme (varie graduellement entre vert, orange et rouge)

 : Fréquence du symptôme

​Integrated pest management (Lutte intégrée)

 Niveau 1 : Mesure à appliquer obligatoirement.

 Niveau 2 : 70 % des mesures de niveau 2 doivent être appliquées au niveau de l'exploitation.