Virus de l'enroulement | pomme de terre
Potato leaf roll virus
Symptômes et dégâts
Les symptômes sont différents selon qu’il s’agisse d’une infection de l’année en cours ou de l’année précédente.
Sur les parties aériennes
- Les infections de l’année en cours (transmission par les pucerons) : Les feuilles du haut de la plante peuvent présenter une coloration plus claire, les folioles s’enroulent légèrement sur elles-mêmes et peuvent présenter un jaunissement. Un retard de croissance peut être observé sur les jeunes plants, mais est rattrapé au cours de la saison de culture.
- Les infections de l’année précédente (transmission par le tubercule-mère) : Les symptômes sont généralement plus prononcés, les feuilles du bas des plantes sont enroulées et présentent un durcissement caractéristique. Une bordure mauve peut être observée. Un nanisme et un jaunissement peut aussi être observé. Les plantes présentent un port plus dressé et des entre-nœuds plus courts.
Sur les tubercules
- Réduction du nombre et de la taille des tubercules. Autant pour les infections primaires que secondaires, des taches brunes peuvent être observées dans la chair des tubercules. Les symptômes sont surtout visibles lors de l'entreposage.
Ce virus peut sur des cultuvars sensibles provoquer des baisses de rendement allant de 50 à 80 %.
Épidémiologie du PLRV en pomme de terre

- Plantes hôtes : Le virus est capable de se développer sur plusieurs espèces de Solanacées cultivées (Pommes de terre, poivrons, tomates) ou non (morelle verte, datura, physalis) ainsi que quelques autres espèces n’appartenant pas à cette famille.
- Facteurs favorables au développement du virus : Un mauvais contrôle des plants utilisés et des conditions favorables au développement du vecteur (puceron).
- Cycle d’infection : Le virus peut être transmis de 2 façons:
- La transmission verticale : Correspond à la transmission à la descendance par le tubercule-mère contaminé. Tous les organes de la plante sont dès lors infectés, y compris les tubercules-fils. Le virus se conserve ainsi dans les déchets de culture, les repousses et les tubercules infectés, qui servent de réservoir pour l'infection de l'année suivante.
- La transmission horizontale : Est provoquée par les pucerons et permet la transmission du virus d’un plant à l’autre. La transmission est dite « persistante », le puceron doit s’alimenter pendant 20 à 30 minutes pour d’acquérir le virus, qui pénètre alors dans son organisme. Après quelques heures d’incubation, il devient et le restera toute sa vie. Plusieurs espèces de pucerons sont responsables de la transmission de PRLV : Myzus persicae, Macrosiphum euphorbiae et Aulacorthum solani.
Gestion intégrée du PLRV en culture de pommes de terre
Les principes généraux en matière de lutte intégrée contre les ennemis des cultures ont été fixés par le Gouvernement wallon. La lutte intégrée est obligatoire et les mesures sont regroupées dans un cahier des charges. Integrated pest management (IPM).

A. Mesures agronomiques préalables à la culture
Choix variétal : Certaines variétés peuvent être plus résistantes que d’autres face à la maladie. Ces informations peuvent être trouvées sur le site de la FIWAP.
Choix des plants : Utiliser des plants sains et certifiés constitue un des leviers principaux de lutte contre ce virus. La contamination d’une parcelle par le virus Y est provoquée par la plantation de plants contaminés ou suite à des attaques de pucerons porteurs du virus.- Les plantes âgées sont moins sensibles au virus. Dès lors, une plantation précoce permet aux plantes de se développer avant l’arrivée des pucerons.
- Il est conseillé de favoriser les espèces botaniques qui sont hôtes des auxiliaires (micro-Hyménoptères parasites, syrphes, coccinelles), comme la phacélie.
B.Pendant la culture
- Élimination des plants virosés.
- Le défanage avant les premiers vols de pucerons (dans certains cas précis) réduit les contaminations.
C.Traitements éventuels
Les observations restent indispensables pour estimer la pression en ravageurs et l’utilité d’un éventuel traitement.
Seuil d’intervention
- En cas de présence de pucerons, et uniquement si les seuils de nuisibilité sont dépassés, un traitement est envisageable.
- Pour le déterminer : Sélectionner aléatoirement une feuille du bas, du milieu et du haut de la plante et compter les pucerons présents sur toutes les folioles. Réaliser cette opération tous les deux à trois mètres jusqu’à avoir observeé une centaine de feuilles. S’il y a plus de 10 pucerons en moyenne par feuille (composée d’une dizaine de folioles), un traitement est recommandé.
Traitements
La législation et les produits autorisés étant en constante évolution, nous vous invitons à consulter régulièrement le site Phytoweb.
Pour tout usage d’un pesticide, veillez à lire l’étiquette et à bien respecter les conditions et les conseils d’utilisation afin de garantir l’efficacité du traitement et la préservation de l’environnement !
Pour aller plus loin | Sources
Divers documents complémentaires relatifs à la gestion des plants (réception, conservation, traitements divers, plantation, etc.) peuvent être trouvées sur le site de la FIWAP (Filière Walonne de la Pomme de terre).

- Ephytia (INRAE, 2025), Pomme de terre - Virus de l'enroulement de la pomme de terre (PLRV) - Lutte, consulté le 3 septembre 2026 URL : https://ephytia.inrae.fr/fr/C/20809/Pomme-de-terre-Lutte
- Iriisphytoprotection (CRAAQ, s. d.), Pomme de terre - Virus de l'enroulement de la pomme de terre, consulté le 3 septembre 2026 URL : https://beta.iriisphytoprotection.qc.ca/fr/maladies-parasitaires/virus/virus-de-lenroulement-de-la-pomme-de-terre-plrv/pomme-de-terre-virus-de
: Gravité du symptôme (varie graduellement entre vert, orange et rouge)
: Fréquence du symptôme
: Integrated pest management (Lutte intégrée)