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Virus Y | Pomme de terre

Potato virus Y

Symptômes et dégâts

Les symptômes dépendent de la souche virale, de la variété, des conditions climatiques et du type d’infection.

Sur les parties aériennes 

  • Les feuilles peuvent présenter des altérations de couleur (mosaïques). Des taches brunes nécrotiques peuvent apparaître le long des pétioles et des nervures (bigarrure). Les feuilles peuvent également avoir un aspect gaufré voire boursouflé. Dans ce cas, la surface foliaire est nettement réduite et les plantes sont souvent nanifiées. 

Sur les tubercules

  • Le virus Y peut engendrer des anneaux ou des arcs nécrotiques bruns sur les tubercules. Ces anneaux restent superficiels mais peuvent évoluer en cratères brun foncé. 

Confusions possibles 

La maladie peut être confondue avec :

  • Le virus du sommet touffu de la pomme de terre : les feuilles ont des taches jaune vif, la plante a un aspect touffu. 

Épidémiologie du virus Y sur pomme de terre 

biologie du pathogène

  • Plantes hôtes : Le virus est capable de se développer sur plusieurs espèces de solanacées comme les pommes de terre, poivrons, tomates, morelle verte ou certaines espèces de tabacs. 
    Facteurs favorables au développement du virus Y : Un mauvais contrôle des plants utilisés et des conditions favorables au développement du vecteur (puceron).
  • Cycle d’infection :  Le PVY peut être transmis de 2 façons : 
    • La transmission verticale : Correspond à la transmission à la descendance par le tubercule-mère contaminé. Tous les organes de la pomme de terre seront dès lors infectés y compris les tubercules-fils.
    • La transmission horizontale : Est provoquée par les pucerons et permet la transmission du virus d’un plant à l’autre. Ce mode de transmission est dit « non persistant », cela signifie que le virus ne reste viable qu’une heure dans les pièces buccales du puceron. Ce délai est cependant suffisant pour que l’insecte puisse acquérir le virus et le transmettre. Plus de 70 espèces de pucerons peuvent être vecteurs. Les pucerons fréquemment rencontrés en pommes de terre sont : Aphis nasturtii, Myzus persicae, Macrosiphum euphorbiae et Aulacorthum solani.

Gestion intégrée du virus Y en culture de pommes de terre

​Les principes généraux en matière de lutte intégrée contre les ennemis des cultures ont été fixés par le Gouvernement wallon. La lutte intégrée est obligatoire et les mesures sont regroupées dans un cahier des charges. Integrated pest management (IPM).

IPM

A. Mesures agronomiques préalables à la culture

  • Rotation : Un délai d’au moins 4 ans est obligatoire entre deux cultures de pommes de terre (mesure de type 1 pour les pommes de terre plant et de type 2 pour les pommes de terre de consommation).
  • Choix variétal : Le choix variétal tient compte de la résistance ou de la tolérance aux maladies. Ces informations peuvent être trouvées sur le site de la FIWAP. 
  • Choix des plants : Il est obligatoire d’utiliser des plants sains. L’utilisation des plants sains constitue un des leviers principaux de lutte contre ce virus. La contamination d’une parcelle par le virus Y est provoquée par la plantation de plants contaminés ou suite à des attaques de pucerons porteurs du virus.
  • Les plantes âgées sont moins sensibles au virus. Dès lors, une plantation précoce permet aux plantes de se développer avant l’arrivée des pucerons.
  • Il est conseillé de favoriser les espèces botaniques qui sont hôtes des auxiliaires (micro-hyménoptères parasites, syrphes, coccinelles), comme la phacélie.

B. Pendant la culture

  • Élimination des plants virosés.
  • Le défanage avant les premiers vols de pucerons (dans certains cas précis) réduit les contaminations.

C. Traitements éventuels 

Les observations restent indispensables pour estimer la pression en ravageurs et l’utilité d’un éventuel traitement.

Seuils d’interventions

  • En cas de présence de pucerons, et uniquement si les seuils de nuisibilité sont dépassés, un traitement est envisageable.
    • Pour le déterminer : Sélectionner aléatoirement une feuille du bas, du milieu et du haut de la plante et compter les pucerons présents sur toutes les folioles. Réaliser cette opération tous les deux à trois mètres jusqu’à avoir observé une centaine de feuilles. S’il y a plus de 10 pucerons en moyenne par feuille (composée d’une dizaine de folioles), un traitement est recommandé.

Traitements 

La législation et les produits autorisés étant en constante évolution, nous vous invitons à consulter régulièrement le site Phytoweb pour toute utilisation en Belgique.

En cas de traitement, il est conseillé de privilégier les biopesticides, les substances de base et les pesticides à faible risque. Pour tout usage de pesticide, il convient de lire attentivement l'étiquette et de respecter les conditions et conseils d'utilisation, afin de garantir l'efficacité du traitement et la préservation de l'environnement !

Pour aller plus loin | Sources

Divers documents complémentaires relatifs à la gestion des plants (réception, conservation, traitements divers, plantation, etc.) peuvent être trouvées sur le site de la FIWAP (Filière Walonne de la Pomme de terre).

                                                     

Légende: 

​: Gravité du symptôme (varie graduellement entre vert, orange et rouge)

​ : Fréquence du symptôme

​Integrated pest management (Lutte intégrée)

 Niveau 1 : Mesure à appliquer obligatoirement.

 Niveau 2 : 70 % des mesures de niveau 2 doivent être appliquées au niveau de l'exploitation.